Quel SSD pour votre PC gamer ?

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Les nouveautés SSD s'accompagnent souvent de chiffres de plus en plus élevés, mais comment se traduisent-ils dans la vie de tous les jours ?
Acheter un SSD NVMe vaut-il le coup ? Nous avons chronométré le temps de chargement de multiples jeux, un des rares moments où on patiente encore après le Stockage de nos PC

Ca fait environ 5 ans que les premiers SSD M.2 PCIe NVMe ont débarqué sur le marché, sous la forme du Samsung 950 Pro, et on a tous été subjugués dès lors par les chiffres annoncés. 2500 Mo/s en lecture séquentielle, 1500 Mo en écriture séquentielle, des valeurs explosant les SSD SATA qui stagnent autour de 550 Mo/s depuis une décennie, bridés par la norme SATA III et un protocole de contrôle (AHCI) inadapté. Mais aussi sexy que cet écart pût sembler, nous vous avons souvent mis en garde contre le peu d'intérêt que ces nouveaux SSD représentaient "dans la vraie vie". Impossible par exemple de constater la moindre différence en ouvrant son browser favori. Et même dans les jeux vidéo, le principal usage pour lequel on patiente après son système de stockage, les gains étaient minimes. Alors, où en sommes-nous, quelques années plus tard, quand les jeux sont de plus en plus énormes et alors qu'on peut même s'offrir des SSD PCIe 4.0 NVMe capables de dépasser les 5 Go/s dans les benchmarks synthétiques ? Pour y répondre, nous avons comparé le temps de chargement réalisé sur des SSD représentant les principales familles, à savoir SATA (peu importe qu'ils soient au format 2,5" ou M.2, les performances sont identiques), PCIe 3.0 NVMe et PCIe 4.0 NVMe. Et, parce qu'il y en a encore dans certains PC, nous avons même testé un disque dur 3,5" sur ces mêmes exercices de chargement.

PROTOCOLE DE BENCHS

Si les SSD PCIe 4.0 apportent quelque chose, c'est uniquement aux machines Ryzen 3000 et 5000 équipées d'une carte mère B550 ou X570, puisque les autres plateformes sont cantonnées au PCIe 3.0. Nos mesures ont donc été réalisées sur un PC de test assemblé pour l'occasion à base de Ryzen 5 3600XT, un CPU monté sur une carte mère Gigabyte X570 Aorus Pro avec 16 Go de DDR4-3200 en dual channel, des composants aidés par une GeForce RTX 2080 Ti. A vrai dire, le choix du GPU importe peu vu que nos mesures concernent le temps de chargement des jeux et non leur framerate une fois jouable. Après une longue hésitation, nous avons pris le parti d'installer Windows sur un SSD et les jeux sur un support de stockage différent, celui à bencher. Ce n'est sans doute pas le moyen de mettre le mieux en avant les différences entre ces différents SSD puisque les modèles les plus rapides sont également ceux qui sont le plus à l'aise dans les usages multitâches quand on multiplie les requêtes. Pour autant, force est de constater que vous êtes plus nombreux à multiplier les SSD pour avoir suffisamment d'espace, les PC avec un seul SSD géant capable de recevoir l'OS et tous les jeux énormes d'aujourd'hui, c'est- à-dire avec un SSD de 2 voire 4 To, sont assez rares. A part pour le chronométrage du chargement de Windows, nous avons donc chargé l'OS et les pilotes toujours du même SSD, en l'occurrence un WD Blue SN550 qui est notre recommandation actuelle en entrée de gamme NVMe. Les jeux ont été installés et chronométrés depuis de multiples supports pour réaliser les graphiques de performance qui suivent. Pour simplifier la lecture, nous avons fait des moyennes par famille. Derrière les mesures PCIe 4.0 NVMe se cachent en fait les Corsair MP600 1 To et Seagate FireCuda 520 1 To. La moyenne PCIe 3.0 NVMe est calculée à partir des Corsair MP510 960 Go, Corsair MP400 4 To, Crucial PI. 1 To et Samsung 960 Evo 1 To. Pour les SSD SATA, on a chronométré les Crucial BX500 500 Go, Crucial MX500 1 To et Samsung 860 Pro 1 To. Comme vous pouvez le constater, la moyenne tant des SSD PCIe 3.0 NVMe que des SSD SATA regroupe des modèles de différents niveaux de gamme et de prix. Enfin, pour représenter les bons vieux disques mécaniques, c'est un WD RED 4 To qui a été sollicité ; drôle de choix vous direz-vous, mais qui paye encore pour un disque dur rapide type WD Black en 2020 à l'heure du tout SSD ?

DES ECARTS QUI RESTENT FAIBLES

On constate sur le premier graphe le temps de chargement de Windows (du moment où l'anneau de chargement de Windows apparaît à celui où toutes les icônes de la barre d'état sont chargées). On ne peut pas dire que les écarts soient monstrueux dans la mesure ou l'OS de Microsoft est devenu très performant sur cet exercice, mais on relève quand même des écarts notables. Le passage du SATA au NVMe se traduit par un gain de 1,7 seconde soit 12 % de mieux. Et le passage au NVME PCIe 4.0 s'accompagne d'une seconde de gagnée à chaque boot, c'est-à-dire encore 8% d'amélioration. Sans être fou, ça suffira pour justifier l'achat d'un SSD dernier cri pour les passionnés qui aiment optimiser leur PC. D'autant qu'aujourd'hui, sauf promotion, le NVMe en PCIe 3.0 n'est guère plus cher ! Pour rappel, il faut compter environ 12 centimes le SSD en SATA (Crucial MX 500 1 To), c'est le même prix pour le SSD en PCIe 3.0 NVMe (WD Blue SN550 1 To), les modèles plus onéreux ne se révélant pas tellement plus rapides. Par contre, il faut encore compter un bon 20 centimes pour le PCIe 4.0 NVMe (Corsair MP600 1 To). Et dans les jeux ? C'est globalement la déception. Sur 7 titres testés, on constate des écarts relativement importants dans 2, à savoir Horizon Zéro Dawn et The Division 2. Mais dans les autres titres, peu importe le type de SSD que vous avez, le temps de chargement ne progresse pas. Même dans les titres réputés lents comme Red Dead Rédemption 2 ! C'est plutôt décevant. Car d'un côté, nous sommes excités comme tout bon geek par le progrès, de l'autre, on se rend compte que le PCIe 4.0 est loin de s'imposer comme vital même dans un bon PC. Finalement, ce ne sont pas vraiment les besoins qui nous feront progresser, mais l'évolution des prix. Le jour où les SSD PCIe 4.0 seront aussi bas que ceux en PCIe 3.0 qui ont presque rejoint les tarifs du SATA, on les choisira avec plaisir. En attendant, ça reste un luxe et il vaut mieux investir l'écart de prix dans un GPU plus puissant pour profiter d'un gain sensible de performances. Ou même dans un SSD de plus grande capacité pour s'adapter à la taille des jeux d'aujourd'hui qui sont de plus en plus nombreux à dépasser les 50 Go, même 100 Go pièce pour certains ! Mais peut-être que le passage aux SSD ultra rapides des nouvelles consoles de Sony et Microsoft va faire évoluer les choses de façon positive avant de justifier d'avantage les SSD PCIe 4.0 ! En attendant, le conseil qu'on donnait il y a cinq ans reste donc valable : il vaut mieux payer un gros SSD aux performances à priori modestes plutôt que s'offrir un petit SSD ultra rapide complété d'un disque dur.
Au sujet de ce dernier, nous avons été agréablement surpris des temps de chargement que nous aurions cru "pires". Pour autant, il y a dans tous les jeux des écarts sensibles, de plusieurs secondes et jusqu'à 100% du temps en plus (c'est-à-dire deux fois plus long) dans Shadow of the Tomb Raider face au modeste SSD SATA !

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Quelques conseils pratiques

Note importante

* Les tarifs sont donnés à titre indicatif et sont la moyenne des tarifs constatés sur le marché au moment de la rédaction de l’article.

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